terreurs nocturnes: une pétasse en voie de rédemption
Chapitre 5: Une poufiasse en voie de rédemption
-«Ton vieux classeur pue le moisi, pas seulement à l’extérieur mais aussi pour ce qu’il y a à l’intérieur
Alba était assise sur le lit d’Adam, en face de lui, entre eux se trouvait le vieux classeur en cuir. Alba lui avait raconté sa journée en passant tout de même l’épisode du monstre et le fait qu’elle avait failli se faire dévorer vivante à cause d’un manque de lumière !
Il eut un moment de silence où le visage faussement colérique d’Adam essaya de percer la carapace d’Alba mais rien n’y fit…
-« Il y a des documents qui concernent la disparition de ma grande tante dedans, j’ai cru le lire sur l’une des feuilles…
-« Alors pourquoi ne pas en avoir lu plus… ?
Alba baissa la tête, vulnérable…
-« Je redoute ce que je vais y trouver… J’ai aussi lu le nom de… De…
Dans un geste doux et maîtrisé, légèrement féminin, Adam posa une main sur la sienne comme pour la soutenir sous le poids qui venait tout d’un coup écraser ses épaules.
-« Le nom de mon frère jumeau, Quentin qui est mort, il y a 12 ans et des poussières…
Adam avala sa salive avec difficulté mal à l’aise devant cet aveu… Il prit le classeur sur ses genoux et posa la main sur le cuir pour l’ouvrir… Les yeux d’Alba se fermèrent quand Adam souleva le rabat du classeur… Elle les rouvrit quand il commença :
-« Les prémisses du temps oublié…
-« Je connais… C’est un poème que ma tante nous lisait tous les soirs, pour nous endormir, Quentin et moi… Elle a arrêté le jour où… Il s’est fait renverser…
Alba récita le texte à voix haute sans regarder une seule fois la feuille… Adam attendit qu’elle termine pour passer à l’autre feuille, sans un mot…
Il resta bouche bée sur ce qu’il y lut… Alba qui se refusait toujours à poser les yeux sur l’intérieur du classeur l’interrogea du regard… Adam secoua la tête et se mit à lire avec une voix ironique…
-« Désolé, Alba de cette solution un peu facile pour partager mes connaissances mais c’est le seul stratagème qui est susceptible de porter ses fruits… Je te conseille de lire très attentivement ce classeur, il pourrait t’être d’une grande utilité… Commençons par le début… Voilà ce qui fait ton futur statut, ce que L’Etre de L’Innocence nous a laissé avant de partir… Tu dois sûrement avoir beaucoup de question en tête… Sois patiente, lis ces quelques pages, garde les en tête, je te promets qu’on ne tardera pas à y répondre… »
-« Patience, patience… Marmonna Alba en se levant du lit… Je commence franchement en avoir ras le c… D’être patiente… Je ne comprends rien à ce qu’il m’arrive… Qu’on m’explique, m... !
Elle se tourna vers Adam et l’interrogea du regard…
-« Es ce que c’est trop demandé ?
Pour toute réponse, celui-ci, rabaissa la tête, tourna la page avec précaution et se remit à lire :
Mes très chers protégés,
Vous êtes les mieux placés à présent pour leur protection
C’est à vous que reviens la noble mission
De les protéger, contre ce danger permanent
De la nuit et de son environnement…
Mais à présent, vous êtes dans la caverne du loup,
Et voilà de son jeu les quelques règles :
Un gardien pour vous
Et vous êtes les protecteurs de certains enfants de cette ville
Quand la pénombre se fait, le temps ne compte plus
Vous pouvez vous retrouver 20, 10, 50 ans en arrière
Le plus souvent en temps réel
Mais pas en avant, le future n’est point écrit,
Quand les formes se dessinent !
Tout autour de vous
Vous êtes dans une autre chambre que la votre
Mais toujours ici à Rose Berry.
Éliminer leur peur, les faire redevenir irréel c’est votre quête
Plus qu’une mission
Une obligation !
Une chose pour vous aider, un allié de taille :
Vos propres cauchemars
Vos peurs et vous vous ne ferez plus qu’un
Ne les laissez pas avoir un mot plus haut que vous
Sinon vous ne serez plus le gardien des gamins
Mais leur assassin.
Du courage
Il vous en faut
Moi, je vais chercher son essence,
Loin du rivage
À bientôt s’il le faut…
L’Etre de L’Innocence…
Adam releva la tête, Alba s’attendait à le voir rire, ou même lui passer une camisole de force d’office sans plus d’explications, parce que rien que le fait de se balader avec un classeur avec de telles conneries est suspect. Mais il n’en fit rien… Il semblait lui-même abasourdi par ce qu’il venait de lire à voix haute… Il se leva à son tour, l’air grave, mit le classeur dans les mains de son amie, ouvert à la page qu’il venait de lire. Quand elle l’eut pris, il l’embrassa sur le front et quitta sa propre chambre, la laissant seul !
Les cheveux de Line étaient passés en l’espace de quelques heures chez le coiffeur du noir et bleu au brun, parsemés de rouge vif. Après avoir assuré à tout le monde que s’était normal, elle s'alarma de la volonté de Sabine, qui après être rentrée de sa journée de travail, s’était précipitée pour faire la cuisine :
-« Est ce qu’il n’y a que moi à m’en inquiéter… Franchement ! Je vais voir si elle n’essaie pas de nous empoisonner…
Line quitta le salon pour la cuisine les deux pièces communiquaient par une porte vitrée… Cette pièce était beaucoup plus petite que les autres et plus sombre également, même si les quatre colocataires avaient fait en sorte qu’elle soit fonctionnelle et agréable.
Quelques casseroles sur le feu dont une agréable odeur s’échappaient, un gâteau dans le four qui gonflait doucement et … Une Sabine lui tournant le dos, qui s’affairait à découper, en petit morceaux, divers légumes…
-« Salut, tu as besoin d’un coup de main…
Sabine se retourna brutalement, une carotte dans la main gauche et un couteau de boucher ridiculement énorme pour le frêle légume… Line se mit malgré elle à éprouver une certaine pitié pour la carotte toute tordue : Tout ce que s’évertuait à toucher ou détruire Sabine avec son sadisme naturel attirait la compassion de la jeune femme.
-« Ah tient Salut, Lili !
Sabine lâcha la carotte négligemment, s’approcha de Line et l’embrassa vivement sur les deux joues… Celle-ci resta un peu impressionnée par l’élan de sympathie qu’avait essayé de dégager Sabine, mais à vrai dire, elle était surtout terrorisée parce que sa colocataire n’avait pas lâché son énorme couteau…
-« Oui volontiers faudrait remuer le contenu de ces casseroles… Et j’ai besoin de parler…
Sabine apparemment pas très à l’aise parlait en faisant de grands gestes… Discrètement Line fit un pas en arrière…
-« Ok, marmonna Line s’en détacher les yeux du couteau…
-« Alors voilà. Le fait est que… Je ne sais pas pourquoi toi en particulier, mais tu es la chose la plus proche d’une amie pour moi…
-« Oui… Marmonna Line tout haut, Pourquoi moi ? Pourquoi moi en… Cette chose…
Sabine l’ignora et continua toujours en faisant de grands gestes avec ses mains :
-« Le fait est que je n’ai jamais été aussi proche de quelqu’un… Je t’apprécie énormément toi et un peu les autres… Et ça m’énerve… J’ai jamais eu ça avant, mes relations avec les autres je les prédéfinissais… Tu ne peux pas savoir… En temps normal, j’irai voir ailleurs… Crois- moi tout serait beaucoup plus facile s’il n’y avait pas tout ça…
-« …
-« Et puis tu devrais m’énerver plus qu’autre chose avec ton faux petit accent anglais… T’es française, merde…
-« Certes, mais j’ai quand même vécu 10 ans en Angleterre…Je ne m’appelle pas Line Exley Osborne pour rien…
-« En temps normal, je fuirai… Mais le fait est que ma vie à prit une tournure… Effrayante, et je sais que toi et les autres vous allez m’être utile !
Line prit un air résolue qui se voulait calme… Elle approcha doucement de Sabine et lui prit le couteau des mains, qu’elle posa sur le plan de travail…
-« Chouette, pas besoin de dire ça en nous faisant un remake de Psycho… Parce que n'y a pas à dire dans le genre allumé et bizarre, on ne fait pas mieux que toi…
-« Merci… J’ai besoin que tu m’apprennes à être… Une amie… Comme vous pouvez l’être entre vous… Parce que je ressens que vous attendez ça de moi… Je suis prête à le faire, mais j’ai besoin qu’on me montre... Vous m'avez vu au naturel et ça ne vous va pas! Alors montrez moi.
-« Ok, te connaissant, je pense que ça doit te coûter de demander ça… Mais cela montre que ton cas n’est pas si désespérer que ça… Mais, s’il te plait évite de parler d’utilité quand il s’agit de personne encore plus quand il s’agit de tes colloc…
Sabine la regarda d’un air pensif, Line pouvait clairement voir un plan s’élaborer dans ses yeux…
-« J ‘ai une idée… ADAM ! cria t-elle…
Le concerné arriva dans la cuisine en courant, alerté par l’appel démesuré que venait de faire Sabine…
-« Tu seras, mon prof… Tu vas m’apprendre à être quelqu’un de confiance, tu vas me montrer ce que vous pouvez attendre d’une relation amicale… En fait c’est bientôt près, va mettre la table !
Sabine se retourna et repris son couteau et sa carotte… Adam regarda Line avec un air un peu colérique et abasourdi…
Line remua les épaules un peu décontenancée également…
-« Elle veut devenir « agréable »…
-« Bah ce n’est pas gagné… Y a du boulot…
-« À ce que j’ai cru comprendre ton boulot, fit Line avec un sourire moqueur…
Ce dernier soupira et parti de la pièce…
-« Tu seras mon indicateur de performance… Et Alba validera mes réussites…
-« Non franchement tu as vraiment besoin de ça… ?
-« Plus que tu ne pourrais le croire! fit Sabine…
Line secoua la tête avant de se diriger vers les casseroles dont elle remua le contenu avec une cuillère en bois…
-« Pour le bien de l’humanité… Ok ! Mais par pitié cesse de me prendre pour une chose ou un indicateur…
-« Promis marmonna Sabine en s’attaquant à la pauvre carotte sans défense.
Adam mit la table le visage grave. Alba était assise dans un fauteuil en pleine lecture, l’air résolue.
-« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée… Alba ça m’a l’air d’être un gros délire…
-« Je veux savoir… Et pourquoi ça te dérange autant ? Hein ?
Adam ne rajouta rien. Le silence retomba avant que Line ne réapparaisse chargé d’un plat fumant, les yeux écarquillés, surpris avec une légère lueur de panique, dans son dos Sabine chargé d’un plateau avec divers mets.
-« Non, sérieux, c’est juste que j’ai grandi dans ce milieu si hautain. J’étais dans un véritable cocon et les gens sont tous aussi superficiels…
Alba leva les yeux vers elles, Line murmura un « help » et profitant du fait que Sabine ne la voyait pas elle révulsa ses yeux et laissa sa langue pendre comme si, elle s’étouffait, avant de répondre au sourire d’Alba.
-« Sabine voudrait s’excu… Tenta d’expliquer Line.
-« Je m’excuse, coupa celle-ci… Je ne suis pas qu’une grosse conne de bourgeoise excentrique et névrosée. J’ai aussi un cœur. Profondément enfouit. Mais je vous promets, il est là ! Ce n’est pas de ma faute cet univers de fausseté dans lequel j’ai été baignée, tous ses masques J’avais toujours des relations prédéfinis des amis, si on peut appeler ça comme ça, des ennemis. Mais j’en ai marre de tout ça. J’en veux plus. Je veux choisir mes amis, des vrais, à moi…
-« Moi, je, je, je, à moi, pas de ma faute…Ce n’est pas gagné. Se moqua Adam.
-« Ça veut dire quoi ? demanda sèchement et sérieusement Sabine.
-« Grosse conne de bourgeoise excentrique et névrosée… Lâcha Alba
Line se mit à rire en s’asseyant à table.
-« On aura tout vu… Une poufiasse en voie de rédemption !
Alba ferma le classeur en souriant, elle le posa sur son fauteuil et vint s’installer en face de son assiette.
-« En fait, tu lis quoi de beau, Alba ? demanda Sabine en s’assurant bien que Line est remarquée son effort. Celle-ci se contenta de lever son pouce en l’air en signe d’encouragement moqueur !
Le seul garçon du petit groupe fit disparaître son sourire, la concernée prit le plat en face d’elle en cachant du mieux qu’elle put son inquiétude.
-« Un mode d’emploi, fit-elle, Pour quoi, je n’en suis pas sûre mais… C’est un mode d’emploi.
Terreurs nocturnes, enchantée!!!
Ch3 : Enchantée!
Premier jour de travail, première rencontre avec Monsieur Maxime, premier vrai travail. De celui-ci dépendait sa capacité à prouver au reste du monde (qui n’en avait rien à cirer) qu’elle était capable de voler de ses propres ailes.
Ce matin-là, sa préparation vers l’échafaud… Non enfin, vers l’entretien avec son futur employeur, n’en finissait plus… Le fait de se lever, de se doucher, de se préparer, en réprimant deux ou trois envies de vomir, paraissait interminable… Elle voulait en finir… Se débarrasser de cette corvée, de l’entretien… Une fois prête, elle mis son sac sur son épaule et tenta une dernière fois de faire un sourire amical à son reflet, mais celui-ci lui renvoya une grimace effrayante… Elle soupira une nouvelle fois, en tentant de ne pas fondre en larmes. Alba abandonna son reflet pour le couloir et la cage d’escalier pour se rendre au rez-de-chaussée prendre son petit déjeuné avec ses trois colocataires… Une voix venant de la salle à manger l’interrompit dans sa progression.
-« Quoi? Arrête, tu veux… Alva n’est pas comme tu le dit… La curieuse et septique Line
-« Laisse la tranquille, Sabine, ça suffit… Et c’est Alba et pas Alva…Ah, le fidèle Adam
-« Peu importe, moi je te dis qu’elle n’est pas finie comme fille… Elle reste une grande enfant… Elle a un pyjama avec des petits nounours… Elle parle à un cadre photo avant de s’endormir… Et le « must » : elle dort avec la lumière allumée … Et la mauvaise langue Sabine
Il eut un soupir bruyant de lassitude.
-« Merde arrête ! Ça fait à peine un mois qu’on vit sous le même toit sans insister sur le fait que c’est elle qui nous accueille, on pourrait éviter de s’enfoncer des couteaux dans le dos, bonjour l’ambiance… Et puis tu l’espionnes ? T’es franchement pas nette !
-« Mais non ! qu’es-tu vas croire ? Sa chambre est à côté de la mienne, alors je sais certaine chose… Comme vous deux vous êtes au deuxième étage, Line doit savoir des trucs sur toi et toi savoir des trucs sur elle surtout quand vous recevez vos copains et copines respectifs…
S’en suivit un long silence gêné…
-« Tu n’aurais pas l’esprit un peu tortueux, je ne les espionne pas je ne dors pas l’oreille collée contre le mur… Et j’ose espérer qu’Edam ne le fait pas, non plus…
Il eut un bruit qui ressemblait à un cri outré. Une chaise racla bruyamment le parquet, comme si on s’était levé précipitamment…
-« Tu me dégoûtes Sabine… Si c’est comme ça je vais la chercher avant qu’elle soit en retard !
Alba finit de descendre les quelques marches et arriva à la porte derrière laquelle se trouvait le salon… La cage d’escalier était séparée du rez-de-chaussée par une porte. Le salon était une pièce ouverte sur la salle à manger ou tout le monde prenait ses repas… Lors de la rénovation dont sa grande-tante l’avait chargé, Alba avait décidé de faire communiquer les deux pièces en créant un bar entre les deux. Le salon était une grande pièce lumineuse aux couleurs vives que chacun avait décorée, selon ses propres goûts. Au final, les murs étaient rouge brique effet patiné. Il y avait un grand canapé très confortable, mais déjà usé par le temps de Line, la table basse carré et l’étagère, style chinois, d’Adam ou était fièrement exposées les impressionnantes collections de DVD, de livres et de CD de chacun, le vieux juke-box d’Alba dans un coin, avec divers instruments de toutes nationalités, sa guitare, un djembé… le matériel de cinéma et de musique, dernier cri, de Sabine et son tapis noir et blanc, les affiches de cinéma et de divers groupe de musique venant du bar ou travaillait Line.
Le côté salle à mangée était d’un orange foncé qui illuminait la pièce, avec une décoration qui tenait très à cœur à Alba mélangeant ses origines africaines(du côté de son père) et françaises (du côté de sa mère), avec une imposante table et des armoires contenants le matériel de chacun et une petite télé beaucoup plus modeste que l’écran plat super large de Sabine dans le salon. Une maison sur deux étages aux multiples personnalités qui ne manquait pas de ravir la fierté d’Alba.
Alba posa sa main sur la poignée, celle-ci s’actionna brutalement, et la porte s’ouvrit manquant de la faire tomber à la renverse… Adam eut une grimace de surprise en la trouvant dans l’embrasure, ses lèvres se plissèrent comme s’il s’apprêtait à crier, mais il se reprit avant et souffla bruyamment. Ses yeux se firent tout d’un coup plus doux et le jeune homme costaud de près de 2 mètres, eu un sourire pour sa nouvelle amie et colocataire. Il était plutôt impressionnant, un rugbyman avec un œil bleu clair et l’autre vert, marron, une nuance si prononcé que son regard en devenait presque dérangeant « auquel il faut juste un petit temps d’adaptation »pensa Alba en lui rendant son sourire. Brun les cheveux lui tombant devant les yeux comme pour cacher leur différence, il était plutôt beau gosse. Son physique n’avait rien à voir avec son tempérament de « gros nounours », tendre et protecteur, limite peureux. Adam n’avait finalement rien d’une brute malgré ce que sa physionomie pouvait laisser sous-entendre.
Il posa son énorme main sur l’épaule d’Alba, sans brutalité aucune, et l’embrassa sur la joue en guise de bonjour, puis il emmêla leurs deux bras, avant de prendre sa main de la sienne et de la tapoter de l’autre,tout en la forçant à descendre les dernière marches.
-« Bon trêve de plaisanterie… N’oublie pas qu’on serre tous, les fesses, pour toi… On ne peut pas venir mais on pense très fort à toi… Respire !
Le visage d’Alba se fendit en large sourire à la limite du fou rire…
-« Que vous croisiez les doigts, m’aurais suffit… »
Il s’arrêta, se tourna vers elle… Et lui fit un clin d’œil:
-« Arrête de discuter ! Bon regarde, même Lili s’est levé pour t’encourager…
Line les cheveux en bataille fit un signe avec sa main affublée d’une biscotte pleine de confiture, de l’autre elle s’empêchait de bailler, à son poignet était collé un toast couverte de beurre… Elle semblait épuisée… Ces cernes s’accordait parfaitement avec le bleu et le noir de sa teinture de cheveux….
Adam tira une chaise autour de la table et y poussa Alba qui s’assit docilement… Son ami entrepris de lui faire un massage.
-« Relaxe, n’arrêtait pas de répéter Adam…
Line poussa une assiette garnie de biscottes, de toasts tartinés de diverses choses, une orange découpée en plusieurs cartiers, un verre remplie de jus multi vitaminée et un café fumant devant elle. Sabine soupira d’un air hautain, face à toute cette niaiserie amicale.
« Tu as de la chance que j’ai besoin de ton fric, pensa Alba en son for intérieur sinon, ça ferait déjà longtemps que tu serais dehors, espèce de truie écervelée… »
Sabine ne chercha même pas son regard, elle enfonça ses dents dans sa tartine beurrée en regardant droit devant elle tout en croisant les jambes, toujours avec son air impertinent et suffisant gravé sur son visage… Alba prit un toast et commença à le tripoter nerveusement.
-« En fait Line, Merci pour le Berimbau !
-« De rien ; fit la concernée ; Je sais que tu en cherchais un et je connais les bonnes personnes!
Sabine émit une sorte de petite exclamation, qui se voulait distinguée.
-« Enfin tu sais c’est un instrument brésilien qui sert à la capoeira! Pas africain encore moins gabonnais.
-« Alors primo le Gabon c’est en Afrique, fit Adam clairement énervé, en serrant un peu plus les épaules d’Alba lui provoquant une grimace…
-« Deusio, la capoeira à été inventé par les esclaves africains de l’ancienne colonie portugaise de l’Angola certes au Brésil mais sur les techniques de combat africaines… Tu veux vraiment qu’on te fasse un cours d’histoire, fit Line.
-« C’est bon ça va, on voit que tu as appris ta leçon, tu es beaucoup plus agréable quand tu joues la fille légère…
Si Line avait pu grogner et monter les crocs, elle ne s’en serait pas privée…
-« Je fais juste une collection d’instruments peu courants… Peu importe leur origine, Sabine ; tenta d’expliquer Alba.
-« Bha oui, forcément. Fit-elle du ton le plus désagréable qu’elle pu.
Alba refoula au plus loin son agacement, en se mordant la lèvre pour éviter de lui sortir une réplique bien sentie… Finalement elle laissa un petit moment passé…
Sabine se racla la gorge et se leva de sa chaise en bougonnant, elle prit son assiette et son mug et sortit de la pièce.
Sabine était ce genre de nana ultra-sophistiqué qui ressemblait à un pot de peinture derrière des lunettes à montures noires, son chignon blond parfait, et son sourire formaté et froid. Ni Adam, ni Line, ni même elle ignorait qu’Alba avait accepté qu’elle emménage pour son argent et la stabilité que la richesse des parents de Sabine allait lui apporter, en cas de coup dur. Mais son intérêt s’arrêtait là… Dommage elle aurait pu être sympa si ses airs supérieurs n’avaient pas tous gâchés…
-«En fait Sam a appelé… Fit Alba soudain un peu ennuyé…
-« Merci… Fit Line un peu plus sombre… Je comprends plus rien, Sam me jette de chez nous, me cours après, reste toute la nuit, s’en va avant mon réveil sans un mot… Et rebelote, rejettage, re- récupération…
Line s’arrêta devant l’air un peu inquiet qu’avait prit ses amis :
-« Désolée pour ça je vais lui demander de ne plus me harceler, merci du message Alva…
-« … Alba…
-« C’est dingue, j’ai un mal fou pour retenir les prénoms… Edam le prend super mal…
-« Normal c’est du fromage, mon prénom c’est ADAM…
Alba se mit à rire aux éclats, face au faux air colérique d’Adam qui finit par se mettre à rire avec elle.
-« Ah oui…Je suis désolée vraiment je vais finir par y arriver…
Alba s’arrêta de rire, Line, qui pourtant souriait, avait l’air d’avoir subit une grosse déception…
-« En fait, tu ne l’es pas… Murmura Alba timidement en mâchouillant un cartier d’orange…
-« Pardon ? Demanda Line
-« Seule…On est quatre dans cette maison.
-« En fait, plutôt trois et demi à cause de Sabine. Mais… merci…
La matinée et le traquenard de ses deux colloc avait remonté Alba et c’est pleine de courage qu’elle se mit en route pour son entretien… Mais à mi chemin tous ses doutes étaient réapparus, mais peu importait… Monsieur Maxime, allait plus que changer la donne…
Terreurs nocturnes, histoire d'avoir la suite du début!!!
« Tu devras suivre mes instructions à la lettre…
D’abord la règle zéro, ne part pas à ma recherche quoi qu’il se passe…
« La première étant de se boucher les oreilles très fort quand tu l’entendras chanter » Quoi au juste ? « Tu le seras bien assez tôt ! »« La deuxième étant de ne pas lui parler.
« Et la troisième de ne pas le regarder sous peine de le regretter fortement… »
« Ma pauvre Alba, apprends à déchiffrer les signes, ils sont toujours annonciateurs de quelque chose et cette fois il se peut que ce soit la prédiction de funestes évènements. Les signes ont la peau dure, ici et maintenant ils nous disent qu’il a retrouvé son chemin et qui va lui faire payer cher cette perte de temps. Tu ne sais pas de qui je parle, n’est-ce pas ? Mais soit patiente, tu verras ça finira par payer, parce qu’en dehors de lumière et d’obscurité, il est surtout question de temps, et de l’usage qu’il en est fait… Moi-même, je dois attendre un nombre innombrable de chose… Attendre quoi ? Qu’ils soient prêts, bien sûrs, quoi d’autre! Rien ne se fera sans ça. »
Je sais que dans le genre clair, on a fait mieux, mais ma grande-tante a toujours été comme ça : faire planer le mystère tout autour de quelque chose dès qu’elle le pouvait. Ici, il semblerait que se soit la sagesse sous toutes ses formes.
Quand nous étions petit et que nous venions de faire une bêtise ou quand nous bagarrions, elle s’interposait toujours d’une façon ou d’une autre, se risquant dans une pluie de coup qui ne l‘épargnait jamais. Et elle trouvait toujours un moyen de nous faire rentrer dans le crâne ses principes. Bien souvent, elle passait par une de ses histoires qui nous émerveillaient tellement que la plupart de nos jeux d’enfant en étaient le parfait plagiat.
Quoi qu’il en soit, il s’est passé plusieurs mois entre le moment où elle m’a soigné et le moment où j’ai reçu cette lettre. Et que quelques heures entre le moment où elle est sortie de chez moi et celui où elle a disparu. Je commençais à oublier que tout ça s’était passé, bien sûr j’étais très inquiète de sa disparition, mais ma peur du sommeil, une fois que j’eus récupéré, me paru juste être un vulgaire cauchemar… Pas si vulgaire que ça en fin de compte parce que le premier signe d’elle en 2 mois fut une lettre qui m’était adressée et quelle lettre !
Ma grande Tante étant partie vers de lointaine contrée… Sa maison, son énorme maison, celle qui a accueilli mon enfance, mes jeux, mes pleurs, mes secrets, mes rires, mes angoisses, me revient c’est l’une de ces nombreuses instructions…
« Je sais que tu me garderas une place pour quand je reviendrai, j’ai confiance, en attendant fait de cette maison un abri pour un maximum de sept personnes, des jeunes comme toi. Je te fais confiance, je sais que tu les choisiras comme il le faut. Je te laisse un compte avec quelques économies auxquels tu rajouteras les tiennes. Avec celle-ci tu redonneras une énième jeunesse à cette maison, c’est à ton goût, il y aura de quoi faire. Je t’ai trouvé un petit boulot chez « M. Maxime, livre et musique »qui ouvrira à la rentrée en haut de la rue après le supermarché, c’est un vieil homme qui n’a pas la confiance facile, il est donc important de lui faire bonne impression dès les premiers jour. Tu commences en Octobre, quand il aura fini ses travaux de rénovations dans le magasin. Je te laisse ses coordonnées, tu verras avec lui pour tes heures de travails en rapport avec tes heures de cours à la fac.
Très bien, je te contacterai d’ici peu, pour te donner quelque nouvelle… Ne t’inquiète pas, je veille sur toi par différents intermédiaires, je ne t’oublie pas…
Ta Tatie Rose»
Alba referma son carnet en soupirant et le posa sur sa table de nuit… Elle bailla à s’en décrocher la mâchoire… Et alluma sa lampe de chevet, avant de s’approcher de son interrupteur. De nouveau elle soupira avant de l’éteindre… Comme à l’habitude, l’atmosphère changea : il devint lourd, les ombres changèrent, elles prirent des forment effrayantes. Les bruits commencèrent à se faire entendre. Au début, Alba ne les percevait pas, puis elle avait pris les bruits pour des acouphènes, mais plus le temps passait plus elle se rendait compte de leurs caractères exceptionnels. Ils n’apparaissaient que lorsque Alba se trouvait dans la pénombre. Il s’agissait de brouhaha similaire à des conversations, des milliers de conversations qu’elles ne pouvaient pas suivre, de la musique parfois, la plupart du temps des percussions… Une nouvelle chose en plus de la petite lumière permanente qu’elle devait garder avec elle… Tout cela l’énervait, elle passait certaines nuits à dormir d’un sommeil léger, un sommeil capricieux comme elle se plaisait à le dire. Mais, malgré elle, elle s’y faisait, entre autres parce qu’elle ne pouvait se plaindre à personne… Elle se coucha, en réajustant son oreiller. Elle regarda sa photo sur sa table de nuit et lui sourit comme si, s’était une vraie personne… Un petit garçon et une petite fille, de pas plus de dix ans, tous deux les yeux bleus, un peu similaires et en même temps différents, la peau hâlée et un sourire édenté…
-« Bonne nuit Quentin, murmura t-elle à la photographie.
Puis elle se tourna dans le sens inverse. Ses yeux tombèrent malgré elle sur la silhouette tordue, elle put même distinguer quelques mèches blanches. Elle s’était approchée jusqu’à la limite, où la lumière agissait sur l’obscurité… Juste de quoi lui donner une forme…
Une autre chose à laquelle Alba s’était habituée, sans jamais cesser d’en avoir peur. Elle devait dormir avec un gardien qui se changeait à la moindre faiblesse de lumière en un véritable Ogre… Elle déplia ses ailes noires et les fit battre, menaçante.
-« Et toi dégage…
La nuit débutait mal… Il fallait se concentrer sur autre chose… Sur autre chose… Autre ch…
Un ronflement profond, la fit sourire malgré elle… C’était Sabine, sa colloc et voisine de chambre du premier étage. La parfaite Sabine qui avait ses petits trucs qui faisaient que finalement on ne l’enviait pas… D’abord et surtout son gros problème avec les autres, à dire tout ce qu’elle pense sans s’en soucier, son petit air supérieur. Si Alba avait osé, elle l’aurait qualifié de handicapé du sentiment… Elle ne s’émouvait pour rien, ou quand cela lui arrivait, elle semblait lutter intérieurement pour le réfréner…
-« Oh la vache, pauvre Alva, je me demande comment elle peut dormir avec ce…
-« C’est Alba…
-« Merde ! Dans deux mois, je te promets, je ne buterai plus sur vos prénoms… C’est ma kriptonite…
-« Maintenant tu te prends pour Superman… Tu parles t’en fait exprès… Aïe… (Line avait sûrement pincé Adam, comme à son habitude quand il la taquinait)
-« Chut ! Non… Arrête de te foutre de moi…
Heureusement qu’il y avait ces deux-là pour relever le niveau… Line et Adam… Les deux énergumènes du second, qui venaient de s’arrêter sur le pallier du premier pour se moquer de Sabine…
Ils rentraient du Nickel, le bar à concert où travaillait Line… Alba avait été convié à la soirée, mais le lendemain, elle commençait son nouveau travail et voulait éviter d'avoir l'air trop épuisé… Seulement, elle avait pensé qu’elle aurait pu s’endormir avant qu’ils ne rentrent… Elle regarda son radio réveil 3h16 du matin… Misère…
Ses deux colocataires s’étaient remis à rire dans le couloir…
-« CCCCCHHHUUT ! murmura Adam. Pense à Alba faut qu’elle soit en forme pour demain…
-« Ah oui, c’est vrai… Bon, je me lèverai spécialement pour l’encourager demain matin… Faut qu’on se sert les coudes entre colloc…
-« Ah non par pitié, quand tu ne dors pas tu ressembles à zombi… Non, la Reine des zombies… La bave, la coiffure, les réflexes, le vocabulaire… Si tu ne me crois pas demande à Sam…
Il eut une exclamation de surprise…
-« Oups… Je l’ai oublié… Là-haut… Sam m’attend… Tu n’as pas quelqu’un qui t’attend toi aussi…
-« Merde… C’est de ta faute ça…
-« Ah bah oui bien sûre…
Leurs deux voix s’éloignèrent au fur et à mesure que les deux compères montaient au second dans leurs chambres respectives… La tension d’Alba s’était quelque peu relâchée et elle se sentait déjà emportée par le brouillard du sommeil… Ses deux colloc étaient mieux qu’une berceuse…
Une histoire de Bob et de bien d'autres choses...
Je ne suis plus là, j’ai été
effacer des quelques mémoires qui me possédaient encore. Mon image s’est figée
et à commencer à perdre de sa netteté jusqu’à être réduit à un prénom, à un
fait à une histoire un peu bancale.
On m’a oublié, ma présence, ces quelques
moments passés ensemble, on a arrêté de se demander si j’étais encore là… Et
surtout ce que je peux en penser… Mon cœur n’a pas arrêté de battre, non au
contraire il bat trop fort et dans le vide à l’unisson de rien d’autre que son
propre écho… Toutes ces choses qui veulent dire quelque chose pour moi sont
étrangères aux autres personnes… Une indifférence qui ne s’en lasse plus de me
tuer, me ramenant à la vie par divers espoirs, de vaines promesses qui
s’évadent qui coule entre mes doigts quand j’essaie de m’en saisir. Mon
problème s’est que mon imagination à cassé sa laisse, elle s’est même enfuit
depuis longtemps prenant une proportion qui dépasse… La simple réalité qui m’entoure !
Nouvelle de mauvais goùt...
"J’enlevai mon casque et regardai les lieux du carnage. Une maison isolée à la campagne. Les lumières dansaient dans la nuit qui avait perdu de son calme habituel. Demain tous les journaux en parleraient, les gens, vous eux, et sûrement ceux là, allait plaindre cette pauvre famille, demain tout le monde ce sentirait concerné mais ce soir s’était à moi que ça appartenait. Ma main tremblante vint allumer ma cigarette, les yeux rivés sur la façade de la maison qui en apparence n’avait rien de particulier, mais qui se donnait en spectacle sous le feu de toutes ses lumières dressées par les policiers eux-mêmes. J’étais comme ensorcelé par cette macabre scène même de l’extérieur, je ne pouvais m’empêcher de m’imaginer ce qui s’était passé à l’intérieur, comment la scène avait été disposé par le tueur fou, l’état des corps, le sang, sa présence…
C’est bien pour ça que l’on nous a appelé, la chair, les bouts de cervelles et bouts d’autre chose, le sang. Vampire nous ne le sommes pas, nous avons la salle besogne à faire une fois que tous les journalistes ont été dispersés, que les enquêteurs ont fini de prendre des clichés et de relever les indices, une fois que le coroner s’est tiré emportant avec lui les cadavres, que les lumières s’éteignent et que la nuit reprend ses droits. C’est nous qui rentrons en action.
La maison était redevenue froide, inanimée paisiblement morte, l’unique témoin de ce qui s’était passé l’unique témoin d’un bain de sang, dont je devais effacer la moindre trace…
Au début on a du mal, la vérité c’est que l’on ne s’y fait jamais réellement, sinon il vaut mieux se poser de sérieuses questions et commencer à ce faire à l’idée que l’on va se faire enfermer …
J’avais une combi blanche, ultra salissante comme pour être une preuve directe que mon boulot allait être fait, que j’avais enfilé à l’extérieur, une question de trop dans la tête, je ne connaissait pas les détails de l’histoire de ce soir, et très honnêtement j’en avait pas l’intention, sauf que cette fichue curiosité me titillait les nerfs comme une mauvaise conscience, pour avoir tous les plus petits détails. Mais je luttais, ce que j’allais devoir subir était suffisant perturbant.
J’eus un frisson avant de rentrer dans cette maison, et un soupir d’encouragement, pour mon cœur qui menaçait de céder sous la pression, je fis craquer ma nuque et relâchais mes épaules. L’air dehors était encore lourd, l’angoisse et l’horreur de la soirée encore palpables. C’est comme ça toujours : les premiers servies on des jobs d’étudiants dans des bureaux, ou derrière des caisses de supermarché, les derniers et bien se partagent les restes et les boulots, alternatifs avant-gardiste.
Pierre, mon collègue et patron, avait déjà enfilé la capuche de sa combinaison, il donnait à la scène un côté hallucinatoire, on aurait dit un astronaute, avec ce déguisement ridicule. Ce soir nous serions deux, et d’après ce que m’avais laissé entendre Pierre il nous faudrait un moment pour faire le boulot, avant de remettre le tout en état…
-« Une vrai boucherie, gamin, c’est pas pour les petites natures.
Il me fit un clin d’œil qu’il eut l’air plus surnaturel qu’encourageant et il ouvrit la porte en faisant une belle courbette en avant pour que je puisse rentrer…
Pierre était légèrement toqué, son boulot lui était monté à la tête, il était à présent un homme d’affaire redoutable mais tenait à faire le boulot lui-même avec des gens qu’il triait sur le tas. Faire parti de son cercle proche de travail relevait de l’impossible et pourtant… J’en étais là moi-même un peu fêlé, toujours en quête de sensation et là j’était servi…
-« Il y a cinq pièce à faire, la salle d’eau, la cuisine, la cage d’escalier, enfin si on peut appeler ça une pièce, et le garage…
Comme je ne répondais rien, il me donna une violente tape dans le dos…
-« Allez souris, mon grand, le diable à quitté cette pièce après tout, il a fait ce qu’il avait à faire, à nous d’effacer ces traces il aura vite fait d’en faire ailleurs !"
...
Extrait de peurs nocturnes
Qui es- tu toi qui lit ces quelques lignes mes quelques lignes que compte tu trouver, que compte tu prendre, apprendre. Je ne suis pas une sage, ni un poète ni même une écrivain, je me bat tous les jours avec ce qui fait que je suis moi. Et toi tu veux voir ou j’en suis. Alors je t’en pris si c’est tout ce que tu veux, je t’invite: bienvenu à Rose berry que cette visite te sois agréable, quoi que…
Cette ville n’est pas accueillante évite d’y mettre les pieds une fois la nuit tombée. Parce que tu découvriras à tes dépends que l’on finis toujours par devenir ce que nous redoutions, ce dont on avait peur tard le soir dans le fond de son lit, ses yeux rouges qui brillent qui te regardent avoir peur qui se délectent de ta terreur… Ouvre grands les yeux je vais te montrer. Je t’emmène au Marché des Nocturnes. C’est facile ce n’est pas très loin, il suffit juste de suivre les voix et les tambours que tu prends tout d’abords pour les battements de ton propre cœur. Oups ! J’ai oublié de te dire qu’ils ont un problème, un léger, énorme, problème.
L’être de l’innocence à disparu, elle est parti morte de trouille, et les êtres du marché doivent faire avec la vague de noirceur qui s’étend sur eux comme du lisier. Ils doivent choisir un camps, ils doivent choisir leur camps, pour l’affrontement final ! Ou est-elle donc bien passé ?Pourquoi a-t-elle aussi peur de ça ? Si tu la trouve n’oublie pas de lui poser la question.
Moi j’ai ma petite idée. C’est un bouche béante toute prête à nous avaler, tu n’es pas un héro tu ne peux pas empêché ce qui a été programmé. Les enfants ont une imagination à couper le souffle, l’horreur de leur cauchemar ne pourra jamais être égalé par les adultes, cette peur est le ciment de mon existence comment pourrais-je exister autrement? Je l’entend hurler au plus profond je le sens secouer de sanglots je sens sa panique le long de mon échine, sa chair de poule me fait frissonner, l’enfant en moi, m’hurle de rester loin de tout ce à quoi je touche et moi je fais tout le contraire, presque avec délectation. J’aime le faire mourir de peur et lui me déteste pour tout ce que je suis devenue."


